En prélude au Printemps Asiatique Paris : quatre expositions à découvrir en avril
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Du 5 au 8 juin 2026, la 9e édition du Printemps Asiatique Paris réunira à la Galerie Charpentier un ensemble de galeries de premier plan.
Quatre expositions présentées à Paris dès le mois d’avril en offrent un premier aperçu.
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URUSHI - Tradition & Abstraction
Galerie Mingei
5-7 rue Visconti, 75006 Paris
10 avril – 27 mai 2026 | Vernissage le 9 avril, 15h-21h
SAVE THE DATE !​
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I missed you, Ahn Seong-min
Magna Gallery Paris
25 rue de Beaune, 75007 Paris
19 mars - 18 avril 2026
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A Floral Prayer, Maiko Kitagawa
Galerie Taménaga
18 avenue Matignon, 75008 Paris
26 mars – 18 avril 2026
​Yūgen
Guillaume Castellano
34 rue Mazarine, 75006 Paris
9 – 12 avril 2026 | Vernissage le 9 avril, 18h–21h
SAVE THE DATE !
Galerie Mingei
La laque japonaise contemporaine à l’honneur
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La Galerie Mingei présente URUSHI — Tradition & Abstraction (10 avril – 27 mai 2026 ), une exposition consacrée à la laque japonaise contemporaine, réunissant onze artistes majeurs de la scène actuelle au Japon.
Le parcours s’ouvre sur un ensemble de laques anciennes, avant de laisser place à des œuvres contemporaines, sculptures et pièces murales, qui témoignent du renouvellement de la création autour de l’urushi.
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À travers ces œuvres, les artistes explorent les qualités propres à ce matériau : la profondeur des surfaces, la subtilité des textures, la présence des formes. Travaillée par superpositions successives, la laque révèle ici toute sa richesse, entre précision du geste et sensibilité de la matière.
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Réunissant différentes générations, l’exposition met en lumière la diversité des approches actuelles.
Parmi elles, celle de Keikou Nishimura, héritier d’une lignée de laqueurs kyotoïtes, se distingue par un travail où bois sculpté et urushi dialoguent dans des formes d’une grande densité, révélées par un long processus de superpositions et de polissage.​
Rio Tashiro, figure émergente de la jeune génération, développe une écriture plus expérimentale : ses sculptures, construites par accumulation de couches de laque sur des structures légères, proposent une vision géométrique et contemporaine de la figure humaine.​
Aux côtés de ces deux démarches, l’exposition réunit Ken Noguchi, Hiroshi Kaneyasu, Wei Nan, Wang Linan, Nanami Seki, Elm Niimi, Okada YÅ«ji, Kanon Notsu et Toshimasa Kikuchi, témoignant de la vitalité de la scène actuelle.
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​→ Pour approfondir, un entretien avec Philippe Boudin revient sur le parcours du galeriste et son regard sur l’art japonais : LIRE

NISHIMURA Keikou (born 1966)
Tawame #11
Wall-mounted artwork
Zelkova serrata (Keyaki wood), linen, clay, pigment and urushi lacquer
2025
66 x 66 x 2 (h) cm
© Galerie Mingei

TASHIRO Rio (born 1999)
Ethos#21
2025
Urushi lacquer, linen, Japanese paper and polystyrene foam
21 x 15 x 14 (h) cm
© Galerie Mingei
Magna Gallery Paris
Ahn Seong-min, entre tradition et langage contemporain​
Installée au cœur du Carré Rive Gauche, la Magna Gallery Paris développe un programme consacré aux dialogues entre Orient et Occident, à travers des expositions d’art moderne et contemporain.
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Jusqu'au 18 avril prochain, elle présente le travail de Ahn Seong-min, artiste qui réinterprète la tradition coréenne du minhwa à travers un langage résolument contemporain.
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Formée à l’Université nationale de Séoul, puis au Maryland Institute College of Art, elle inscrit sa pratique dans un dialogue constant entre héritage pictural et recherche actuelle.
Ses œuvres reprennent des motifs familiers du minhwa — livres, bols, fleurs, nuages — qu’elle ne cherche pas à reproduire, mais à réactiver. Ces éléments s’organisent en compositions ouvertes, où les formes semblent se prolonger au-delà du cadre et créer des espaces imaginaires.
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Son travail repose sur une technique traditionnelle de superposition de pigments sur fond à la colle animale, à laquelle elle associe des tonalités plus contemporaines, notamment fluorescentes. Cette tension entre procédé ancien et palette actuelle donne naissance à des surfaces vibrantes, où la couleur joue un rôle central.
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À travers cette approche, Ahn Seong-min propose une lecture renouvelée de l’imagerie coréenne, à la croisée des cultures visuelles orientales et occidentales.​
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​→ Un entretien avec les fondateurs de la galerie revient sur la naissance de Magna Gallery Paris, issue de la rencontre de quatre personnalités complémentaires : LIRE
Galerie Taménaga
Maiko Kitagawa, A Floral Prayer​

Oiseau à deux têtes
Crayon gras sur papier marouflé sur panneau
117 x 91 cm
© Galerie Taménaga
La Galerie Taménaga présente A Floral Prayer (26 mars – 18 avril 2026), première exposition personnelle en Europe de l’artiste japonaise Maiko Kitagawa.
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Originaire de la préfecture de Saitama, l’artiste se forme à l’Université des Beaux-Arts de Tokyo, où la découverte de l’estampe agit comme une révélation. Elle s’engage alors dans une pratique radicale du noir et blanc, fondée sur le contraste entre l’encre et le papier, nourrie à la fois par la tradition japonaise et par des références occidentales — des contes de Grimm et de Perrault aux œuvres de Francisco de Goya, Gustave Doré ou Odilon Redon.
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Son travail repose sur un outil singulier, le dermatographe, dont elle exploite les propriétés plastiques pour modeler la matière. Par étalement et estompage, le trait disparaît au profit de surfaces profondes, où les formes émergent progressivement. Le dessin cesse d’être ligne pour devenir apparition.
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Ses œuvres déploient un univers à la fois précis et onirique, peuplé d’animaux, de créatures hybrides et de figures issues de récits mêlés. Entre observation du vivant et imaginaire, ces présences deviennent tour à tour familières et mystérieuses, comme suspendues entre réel et fiction.
Dans cet espace en clair-obscur, les références se croisent et se répondent. Les légendes japonaises affleurent aux côtés d’échos occidentaux, donnant naissance à des compositions qui se lisent comme des récits silencieux, invitant le regard à s’attarder et à circuler.
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A Floral Prayer apparaît ainsi comme une méditation sur l’image et sur ce qu’elle suggère : un monde en formation, où l’ombre ne dissimule pas mais révèle, et où chaque œuvre ouvre sur un espace sensible, à la fois fragile et profondément vivant.
→ Un entretien avec Ami et Kiyomaru Taménaga propose un éclairage sur leur parcours et leur vision : LIRE
Guillaume Castellano
YÅ«gen : une esthétique du suggéré
Nouveau participant au Printemps Asiatique Paris, Guillaume Castellano rejoint cette année le salon avec une spécialisation consacrée à l’art japonais, des sculptures bouddhiques aux objets anciens, jusqu’à la peinture moderne.
Entretenant depuis plus de dix ans des liens étroits avec le Japon, la galerie sélectionne des œuvres pour leur qualité esthétique, leur rareté et leur portée historique, accompagnant collectionneurs et institutions dans la constitution d’ensembles exigeants.
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Du 9 au 12 avril 2026, au 34 rue Mazarine, Guillaume Castellano présente YÅ«gen, une exposition inspirée d’un concept esthétique japonais évoquant une beauté profonde, subtile et mystérieuse, suggérée plutôt que pleinement révélée.
Pensée comme une expérience sensible, l’exposition invite à une approche contemplative, où l’attention se porte sur ce qui affleure, se dérobe et se laisse deviner.
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Suzuribako
Edo period (18e siècle)
21 x 19 x 3.5 cm
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